La Secrétaire exécutive de la CCNUCC, Patricia Espinosa, évalue les résultats de la COP25

« Nous devons être clairs sur le fait que la conférence n’a pas abouti à un accord sur les lignes directrices d’un marché du carbone indispensable – une partie essentielle de la boîte à outils pour élever l’ambition qui peut exploiter le potentiel du secteur privé et générer des financements pour l’adaptation », reconnait, d’entrée de jeu, la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC), Patricia Espinosa, dans une déclaration rendue publique le 19 décembre 2019 sur les résultats de la COP25.

Pour Patricia Espinosa, les pays développés doivent encore répondre pleinement aux appels des pays en développement à un soutien accru en matière de financement, de technologie et de renforcement des capacités, sans lequel ils ne peuvent pas verdir leurs économies et renforcer leur résilience aux changements climatiques. Les pays à forte émission n’ont pas envoyé un signal suffisamment clair qu’ils sont prêts à améliorer leurs stratégies climatiques et à accroître leur ambition grâce aux contributions déterminées au niveau national qu’ils soumettront l’année prochaine.

En ce sens, la Secrétaire exécutive estime dans sa déclaration qu’il est important de procéder, plusieurs jours après  la clôture de la COP25 à Madrid, à une évaluation honnête et réaliste de ce qui s’est passé afin que la communauté internationale puisse prendre les mesures appropriées pour guider les prochaines étapes cruciales du processus climatique multilatéral l’année prochaine.

Dans le même temps, poursuit-elle, dans les textes de décision finale, les gouvernements ont exprimé le besoin de plus d’ambition de la part des Parties et des acteurs non étatiques, et ils ont convenu d’améliorer la capacité des plus vulnérables à s’adapter au changement climatique.

Patricia Espinosa retient donc que de nombreuses décisions issues de la conférence de Madrid reconnaissent au moins le rôle du financement climatique, essentiel pour une action concrète. « Et des décisions ont été prises dans des domaines tels que la technologie, les océans et l’agriculture, le genre et le renforcement des capacités. Un grand nombre de pays, régions, villes, entreprises et investisseurs ont fait part de leur intention de réaliser zéro émission nette de CO2 d’ici 2050, dans le cadre de la Climate Ambition Alliance dirigée par le Chili. Rassemblant également dans le cadre de la Climate Ambition Alliance, 114 pays ont entre-temps signalé leur intention de soumettre un plan d’action climatique amélioré l’année prochaine », énumère Mme Espinosa déplorant la fait que pas beaucoup d’économies majeures ont signalé qu’elles sont prêtes à revoir à la hausse leur ambition climatique par le biais de plans améliorés.

Les engagements de nombreux secteurs de la société civile ont montré un accord écrasant sur la seule voie à suivre: nous devons suivre ce que la science nous dit, avec le sentiment d’urgence et de sérieux que cela requiert. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de concentrer toute notre attention sur les prochaines étapes pour renforcer encore la confiance dans le processus multilatéral.

« Alors que nous nous dirigeons vers la COP26 de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Glasgow, nous devons être unis et travailler dans un véritable esprit de multilatéralisme inclusif afin de réaliser les promesses de l’Accord de Paris et de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques », a-t-elle conclu non sans préciser qu’elle a hâte de travailler avec les gouvernements du Chili, du Royaume-Uni et de l’Italie pour obtenir les meilleurs résultats possibles lors de la COP26 à Glasgow.