Rapport d’Oxfam : les pays pauvres 150 fois plus exposés à des déplacements à cause du changement climatique

Credit Photo OXFAM France

Le sujet controversé des déplacements internes causés par le changement climatique devrait être au cœur des débats lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP25) qui se tient à Madrid du 2 au 13 décembre. À cette occasion, Oxfam rend public son rapport « Populations contraintes de fuir : des déplacements exacerbés par le changement climatique » dans lequel il réclame des réductions urgentes et plus ambitieuses des émissions afin de limiter l’impact de la crise sur la vie des personnes et la mise en place d’un nouveau fonds « Pertes et préjudices » pour aider les communautés à se relever et à reconstruire. 

Selon Oxfam, les gouvernements des pays à haut revenu auraient alloué moins de 10 milliards de dollars de soutien net à l’adaptation en 2015-2016, et sont loin de respecter leur engagement d’allouer chaque année 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques et à limiter leurs émissions.

Cette note démontre que ce sont les pays et les communautés les plus pauvres au monde, pourtant très peu responsables de la pollution, qui sont les plus exposés aux déplacements exacerbés par le changement climatique. Elle souligne également les actions déployées par certains pays pauvres (sans aide ni soutien des nations riches et polluantes) pour aider les communautés à se relever des pertes et préjudices dus à la crise climatique, y compris en cas de déplacement forcé.

Les catastrophes imputables au changement climatique ont été le principal facteur de déplacements internes au cours de la dernière décennie, forçant quelque 20 millions de personnes par an à quitter leur foyer. À l’heure actuelle, le risque de déplacement interne après un cyclone, une inondation ou un incendie est sept fois plus élevé qu’en cas de séisme ou d’éruption volcanique, et trois fois plus élevé qu’en situation de conflit.

Les pays pauvres sont de loin les plus exposés.

80 % des personnes déplacées au cours de la dernière décennie vivent en Asie, qui concentre plus d’un tiers de la population mondiale la plus pauvre. Sept des dix pays les plus exposés à des déplacements internes découlant de phénomènes météorologiques extrêmes sont de petits États insulaires en développement, comme Cuba et Tuvalu. Leurs populations ont 150 fois plus de risque d’être déplacées à cause de phénomènes météorologiques extrêmes que la population européenne. D’autres pays comme la Somalie et le Guatemala connaissent d’importants déplacements de populations engendrés par des conflits et la crise climatique.

Malgré cela, alerte Oxfam, la communauté internationale n’a pas beaucoup avancé dans la mise à disposition de nouveaux financements pour aider les pays pauvres à se relever des pertes et préjudices imputables à la crise climatique.

La question délicate de l’aide à apporter aux pays pauvres ayant subi des pertes et des préjudices imputables à la crise climatique ainsi que les conclusions de l’examen du Mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et aux préjudices liés aux incidences des changements climatiques seront au cœur des débats de la COP25. C’est pourquoi Oxfam en profite pour interpeller les pays riches sur leurs engagements vis-à-vis des pays pauvres qui subissent les effets du changement climatique.

Lire le rapport complet ici: