Pour des entreprises haïtiennes mieux impliquées dans la lutte contre le changement climatique

Aux yeux de Serge Richard Petit-Frère, Directeur Marketing et de la Qualité à la Société financière haïtienne de développement S.A. (SOFIHDES), la sensibilisation autour du changement en Haïti demeure encore très faible. Invité à l’émission spéciale COP25 du jeudi 28 novembre 2018, M. Petit-Frère a affirmé que la plupart des agents économiques en Haïti ne comprennent pas ou comprennent mal le phénomène.

« C’est aussi le cas pour de nombreuses entreprises haïtiennes ne sachant pas y déceler les opportunités tout en étant conscientes des enjeux », a poursuivi Petit-Frère estimant que les institutions financières, tout comme les entreprises, devront à moyen-long terme accorder une place plus importante au changement climatique.

En effet, les institutions financières désireuses de transiger avec des bailleurs internationaux devront, selon lui, mettre en place une politique environnementale et sociale les amenant à financer de manière plus responsable les entreprises exécutant des projets commerciaux ou d’investissements. L’adoption d’une telle politique par les institutions financières tend à devenir obligatoire tout comme celle liée à la lutte contre le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme. Les standards en la matière utilisés par la Banque Européenne d’Investissement, l’un des bailleurs de la SOFIHDES, en sont révélateurs.

A en croire Serge Richard Petit-Frère, les entreprises du secteur privé des affaires peuvent apporter leur contribution dans la lutte contre le phénomène du changement climatique en comprenant mieux les notions de mitigation (atténuation) ou d’adaptation. La compréhension de la notion de mitigation les amènerait à adopter une attitude plus responsable. Elles augmenteraient leurs empreintes environnementales en utilisant plutôt les énergies propres, souvent plus efficientes que l’utilisation des énergies fossiles. Ce qui favoriserait une diminution des gaz à effet de serre. Celle liée à l’adaptation, les pousserait à intégrer dans leurs « Business Model » des solutions visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets (présents et attendus) des changements climatiques.

« La Société financière haïtienne de Développement S.A (SOFIHDES), étant aux services des entreprises haïtiennes, comprend bien les enjeux. Aussi, entend -elle renforcer ses capacités dans le domaine tout en travaillant au développement de nouveaux partenariats lui permettant de mieux saisir les opportunités et contrer les éventuelles menaces », a assuré notre invité.

Plus loin, le Directeur Marketing et de la Qualité de la SOFIHDES a insisté sur le fait que les entreprises haïtiennes devront faire preuve d’innovation si elles veulent saisir certaines opportunités. L’un des secteurs les plus concernés se voudrait être le secteur agricole. Les acteurs dudit secteurs doivent sortir des sentiers battus et innover dans leurs façons de produire et de commercialiser leurs produits.

Mais de manière globale, la création d’un cadre propice au respect des règles liées au changement climatique demandera l’implication de tous les secteurs de la vie nationale. L’établissement de politiques publiques abordant la problématique du changement climatique devient une nécessité, a insisté M. Petit-Frère.

S’agissant du Fonds Vert climat, Serge Richard Petit-Frère, explique que la SOFIHDES a bien manifesté son intérêt auprès du Ministère de l’environnement pour être une institution accréditée. Toutefois, il affirme que le processus demeure fastidieux et lourd. L’institution entend sonder d’autres avenues afin de pouvoir desservir les entreprises haïtiennes désireuses de monter des projets à forte empreinte écologique.

Au vu des opportunités, il serait, selon Serge Richard Petit-Frère, intéressant d’avoir une stratégie-pays, permettant aux acteurs haïtiens de parler d’une seule voix et profiter pleinement des avantages dudit fonds.

Pour finir, Il persiste à croire que l’impact environnemental et social des projets d’une entreprise deviendra dans pas trop longtemps un critère d’analyse essentiel au niveau des institutions financières afin d’apprécier les requêtes de financement, et la SOFIHDES n’échappera pas à la règle.  Aussi, invite-t-il les entreprises haïtiennes à emboiter le pas et agir en conséquence. A titre d’exemple, il a fait allusion, aux types d’énergies utilisées par les entreprises haïtiennes et aux techniques utilisées par celles évoluant dans le secteur de la production pour la gestion des leurs eaux usées.