Coup de gueule de la société civile contre le styrofoam

Credit Photo: Le Nouvelliste

Les arrêtés ministériels du 10 juillet 2013 et du 29 janvier 2018 sont restés sans effet sur la production, l’importation et la commercialisation des objets en polystyrène. À cet effet, Alternatiba-Haïti, le Groupe d’action francophone pour l’environnement (GAFE) et le Mouvement national citoyen pour le climat ont initié, mercredi 10 juillet 2019, la journée nationale de mobilisation citoyenne contre le styrofoam. Une manifestation qui traduit  le soulèvement de ces organisations contre l’inapplication de ces mesures latentes.

Pour lutter contre l’utilisation accrue des objets en styrofoam en Haïti, un vague mouvement de protestations a été coordonné mercredi à travers les dix départements géographiques du pays. Cette initiative d’organisations qui luttent pour la protection de l’environnement – Altenatiba-Haïti, le Groupe d’action francophone pour l’environnement (GAFE) et le Mouvement national citoyen pour le climat -, vise à susciter un réveil citoyen pour exiger de l’État haïtien l’application des arrêtés ministériels interdisant le polystyrène sur le marché local.

Diverses activités ont été réalisées dans les départements du pays et à l’étranger. À Kenscoff, Belladère, des groupes de manifestants ont gagné des rues pour manifester leur désaccord avec ces produits non biodégradables. Dans la commune de Cité Soleil, principale victime des pluies diluviennes qui s’abat sur la région métropolitaine, des gens, pancartes en main, ont également protesté contre le styrofoam que l’on observe dans les canaux et sur les côtes, après chaque averse.

Appuyé par le Collectif haïtien de France, de Bruxelles et de New York, ainsi que du GAFE France, ce mouvement a également touché la diaspora haïtienne. Des délégations se sont rendues dans des ambassades et missions diplomatiques haïtiennes en France, au Canada et aux États-Unis, pour tirer la sonnette d’alarme sur la consommation de ces produits. Si le plastique pollue la mer, tue les poissons et rend toxiques ses fruits destinés à la cuisson, le styrofoam qui ne peut être recyclé les provoque encore plus.

«Cela fait six ans depuis que l’État haïtien interdit l’importation et l’utilisation des contenants en styrofoam parce que c’est un produit cancérigène, un agent polluant et une source de conflit géopolitique», a déploré en conférence de presse Ary Régis, membre du Mouvement national citoyen pour le climat. Exprimant son ras-le-bol contre les arrêtés gouvernementaux et la mise sur pied d’une brigade spécialisée au sein de la police nationale, Ary Régis a souligné que cette journée nationale de mobilisation citoyenne contre le styrofoam envoie un signal clair.

Pour David Tilus, coordonnateur général du Groupe d’action francophone pour l’environnement, cette journée est le fruit d’un long processus, entamé avec la réalisation des quatre villages Alternatiba. Cette journée, a fait savoir la figure de proue de l’Alternatiba, est un acte pour dire non contre le styrofoam. «Nous assistons à un réveil de citoyens engagés qui veulent finir une bonne fois pour toute avec cette gangrène qui obstrue les égouts et provoque des inondations», s’est-il réjoui.

«On dirait que l’État a publié un arrêté pour interdire sur le territoire national le polystyrène et multiplie des opérations simulacres. En réalité, on ne fait rien», a vertement critiqué le coordonnateur de l’Alternatiba. Il est, selon lui, impérieux que les citoyens arrêtent eux-mêmes l’hémorragie parce qu’ils seront à coup sur les principaux victimes. «Il faut choisir les bons électeurs et  interpeller les décideurs politiques afin d’assurer la bonne gouvernance», dit croire l’ingénieur, qui pointe du doigt les politiciens qui, a priori, participent à de vastes opérations de contrebande.

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Caleb Lefèvre

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