Pollution plastique : le recyclage est-il une alternative viable ?

Le plastique est omniprésent en Haïti. Sur les rayons de nos supermarchés, sur nos tables, dans les marchés publics, sur la chaussée comme dans nos égouts, il est partout. On dirait même qu’il y a une surutilisation du plastique chez nous. Comme dans beaucoup d’autres domaines, l’État ne réglemente pas son utilisation. Cette manière constitue, aujourd’hui, une grande menace pour notre environnement.

Il n’y a pas encore de réponse d’Etat à ce problème, mais certaines personnalités, organisations ou institutions tirent la sonnette d’alarme. D’autres apportent leur petite contribution en vue de débarrasser nos rues, nos ravins, égouts… de leurs tonnes de déchets plastiques. C’est à cet effet que nous trouvons un peu partout, notamment dans les espaces précités, des gens qui collectent les bouteilles et d’autres déchets en plastique en vue de les revendre à des entreprises de la place. Une initiative utile, mais visiblement insuffisante pour nous débarrasser des déchets plastiques.

Que faire ? Il faut admettre que le business du plastique est florissant en Haïti. Personne ne sait combien d’Haïtiens gagnent leur vie directement ou indirectement grâce au plastique. Donc, le bannir n’est pas la meilleure solution. L’État doit cependant restreindre l’utilisation des sacs en plastique à usage unique comme beaucoup d’autres pays le font maintenant. On se rappelle ce qui s’est passé avec la mesure d’interdiction des objets en foam. La montagne a accouché d’une souris.

Dans le cas des déchets plastiques, il faut plus qu’un communiqué. L’État doit faire la polique de la carotte et du bâton. Cela suppose un accompagnement aux entreprises évoluant dans le domaine de l’assainissement, notamment celles qui se spécialisent dans la collecte, le recyclage ou l’exportation desdits déchets. Ces dernières années, nous avons vu plusieurs initiatives positives en faveur de l’environnement, notamment des groupes de jeunes qui choisissent de transformer les déchets plastiques en sacs scolaires et d’autres objets utiles. N’est-ce pas des initiatives à encourager ? N’est-ce pas des startups à soutenir ? En plus, il y a un grand marché pour ce type de produits dans la mesure où nous avons une population jeune avec des millions d’écoliers. Voilà une opportunité, parmi d’autres que nous devons exploiter.

D’un autre côté, l’État doit faire de l’éducation environnementale une priorité. Il est urgent et nécessaire que les Haïtiens aient d’autres rapports avec l’environnement. Des citoyens mieux formés sur les enjeux environnementaux seront de meilleurs ambassadeurs pour l’environnement. Ils seront aux côtés de l’État des défenseurs de l’environnement. Si les citoyens choisissent eux-mêmes de réduire leur consommation de plastique, ce sera un premier pas dans la lutte contre les déchets plastiques.

Parallèlement, l’État, à travers ses différentes structures, doit se donner des lois sur l’utilisation du plastique ainsi que les moyens de les faire respecter.

Les problèmes environnementaux ne concernent pas que l’État, mais aussi la société civile. L’Action pour le climat, l’environnement et le développement durable (ACLEDD) en est consciente. Dans le cadre de notre émission Haïti Climat, diffusée sur la Radio Magik 9 tous les jeudis de 9h à 10h a.m., nous avons reçu, pour notre 6e diffusion, le 27 juin dernier, M. Edouard Carrié, P.D.G. de ECSSA (Environnemental cleaning solutions SA) autour du thème « Pollution plastique : le recyclage est-il une alternative viable ? »

L’émission est disponible sur le lien : http://haiticlimat.com/index.php/2019/06/27/podcast-haiti-climat-emission-6-avec-edouard-carrie-ecssa/

Action pour le climat, l’environnement et le développement Durable (ACLEDD)

acledd21@gmail.com

www.haiticlimat.com