Changements climatiques: comprendre pour mieux agir

À l’échelle des temps géologiques, le climat a beaucoup changé. Il faisait tantôt très froid, tantôt très chaud. Par exemple, il y a 3 millions d’années, la température moyenne à la surface du globe était de 3° C plus élevée qu’aujourd’hui (1). C’est un processus naturel et normal que le climat change. Les changements climatiques sont classés parmi les problèmes environnementaux parce qu’en ce moment cela se fait à des vitesses trop élevées.

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de changements climatiques, on redoute ces quatre composantes : 1) Augmentation de la température (2 à 5°C) ; 2) Bouleversement des régimes pluviométriques. Ex: allongement de la saison sèche et écourtement de la saison pluvieuse ; 3) Modification des saisons –  il arrive souvent maintenant qu’en pleine saison pluvieuse, on peut avoir des courtes périodes de sécheresse -; et 4) Augmentation de la fréquence des perturbations atmosphériques: cyclone, sécheresse, …. Une région peut être frappée par une ou par toutes les composantes à la fois (ex : Haïti).

Qu’est-ce qui explique ces phénomènes (les composantes des changements climatiques) ?

L’atmosphère et les nuages sont composés principalement de vapeur d’eau, d’ozone, de gaz carbonique, de méthane, d’oxyde de soufre, d’oxyde d’azote, d’azote atmosphérique: ces gaz sont transparents aux rayons incidents du soleil mais opaques aux rayons émergents ou réfléchis. En clair, le rayon qui traverse les nuages et qui arrive jusqu’à nous rebondit sur le sol et reprend la direction des nuages. Sauf que ces derniers lui font obstacle et ne laissent passer qu’une infime partie. Notre rayon de soleil rebondit sur les nuages et revient au sol pour rebondir à nouveau et ainsi de suite. Notre rayon de soleil se trouve piégé entre les nuages et le sol. Plus les masses de nuages sont basses, plus il y a production de chaleur. Ce phénomène porte le nom d’« effet de serre » et est à la base des changements climatiques.

En termes de proportion, le premier gaz à effet de serre est la vapeur d’eau. Le 2e, l’ozone, le 3e, le gaz carbonique, le 4e, le méthane. L’amplification ou la variation de l’effet de serre dépend de la variation de la teneur de ces 4 gaz. Ces gaz, une fois dans l’atmosphère, vont davantage bloquer la montée des rayons de soleil. Plus ces gaz sont présents en grandes proportions dans l’atmosphère, plus il y aura des rayons de soleil piégés au sol. Résultat: réchauffement climatique.

Par effet de serre naturel, la température moyenne de la Terre est de 15°C. Sans cet effet de serre (naturel), cette valeur serait négative. La température de la Terre augmente parce que l’un ou plusieurs des principaux gaz à effet de serre augmente, car le soleil est constant. À l’échelle planétaire, le gaz le plus en cause à l’amplification de l’effet de serre est le gaz carbonique ou le dioxyde de carbone (CO2). Il y a 50 ans, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était de 320 ppm (320 parties par million), aujourd’hui on est à plus de 410 ppm; ce qui fait une augmentation de 25 % (2). Pour cette même augmentation de 25 %, il a fallu jadis plusieurs milliers d’années.

L’augmentation en force de la concentration de CO2 dans l’atmosphère à l’échelle globale est due principalement à la combustion de sources d’énergie fossile (gaz naturel, pétrole, lignite…).

Notons qu’au niveau des rizières où il y a inondation et où il y a élevage des ruminants, le principal gaz à effet de serre qui est en excès, c’est le méthane. Dans les grandes villes comme New York, il y a beaucoup de production d’ozone à cause des systèmes de climatisation (dans les maisons, bureaux, usines, automobiles).

Conséquences des changements climatiques

Les conséquences des changements climatiques sont multiples :

– Augmentation du niveau de la mer par la fonte des glaciers (calottes polaires et glaciers de montagne). En plus de l’eau additionnelle provenant de cette fonte, il ne faut pas négliger la dilatation thermique de l’eau. Plus l’eau est chaude, plus elle occupe de volume. En 25 ans, la mer a augmenté de plus de 8 cm. À ce rythme, on prévoit une augmentation de 65 cm à l’horizon 2100 (3).

L’augmentation du niveau de la mer conduira à :

a) la submersion des terres cultivées : elles sont généralement des plaines, souvent près des côtes;

b) la salinisation des nappes par intrusion de l’eau de mer;

c) des déplacements de population. Les grandes villes sont généralement côtières; si le niveau de la mer augmente, les systèmes de drainage de ces villes et villages n’existeront plus. Le risque est particulièrement élevé pour les pays insulaires. Plus de 2 milliards d’habitants vivent à moins de 60 km des côtes. Le monde est-il préparé à ces déplacements massifs? Le dérèglement climatique nous mènera-t-il à un dérèglement géopolitique?

– Risques pour la santé humaine

L’augmentation de la température engendre le stress, le stress hydrique (pour les végétaux) et l’augmentation de la reproduction des insectes qui sont des vecteurs de nombreuses maladies.

Avec l’augmentation du niveau de la mer, les rongeurs, les blattes (ex : cafards) qui sont des véhicules de germes pathologiques vont envahir les maisons.

– Risque de disparition d’espèces

Ces changements climatiques se font en un temps très court et ne donnent pas assez de temps aux organismes vivants de s’adapter.

Ces dangers sont d’autant plus graves pour les pays insulaires en voie de développement (ex : Haïti), parce qu’ils sont entourés par la mer et ils ont une faible capacité de réponse.

Mesures d’État et responsabilité citoyenne

Les connaissances essentielles en ce qui concerne changements climatiques sont bien établies et les projections inquiètent. Puisqu’il s’agit d’un phénomène global, tous les pays ont leurs responsabilités. En témoignent les différents engagements pris lors des dernières conférences internationales sur le climat (ex : COP21). Haïti participe très faiblement aux changements climatiques mais en subit beaucoup les conséquences.

En attendant des objectifs clairs de l’État haïtien, voici quelques mesures à adoter dans le bon sens pour atténuer les conséquences des changements climatiques:

– Augmentation de la biomasse végétale: les végétaux sont les seuls êtres vivants pouvant absorber du gaz carbonique;

– Réduire l’émission des gaz à effet de serre par le développement des transports en commun et donc diminution des transports privés;

– Réduire la consommation en énergie domestique. Ex: si on utilise pas un appareil, on l’éteint. (Lire la suite)https://lenouvelliste.com/article/203762/changements-climatiques-comprendre-pour-mieux-agir

Newdeskarl Saint Fleur
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