Pour une politique publique adaptée capable d’augmenter notre résilience agricole face aux aléas climatiques

Credit Photo: Coordination Europe Haiti

L’agriculture est la plus vulnérable et la plus menacée face aux aléas climatiques. Le constat fait peur. Les deux intervenants à l’émission Haïti climat, diffusée sur les ondes de Magik 9, ont décortiqué la raison pour laquelle le secteur (agricole) est aussi vulnérable. 

Intervenant sur l’impact de la dégradation environnementale et le changement climatique sur le secteur agricole haïtien, qui représente plus de 20% du PIB du pays, Gaël Pressoir et Yvon Guerrier ont évoqué, tour à tour, l’absence de politique publique pour augmenter notre résilience afin que nos cultures ne soient plus menacées par les manifestations du changement climatique.

Le doyen de la faculté d’agronomie de l’Université  Quisqueya explique que le pays fait face à une multiplication de risques dans l’agriculture. La recrudescence de maladies liées aux manifestations du changement climatique permet aux insectes et aux bactéries d’évoluer plus rapidement et d’envahir nos champs.

Monsieur Pressoir a plaidé pour une meilleure articulation dans le secteur agricole afin de faire face aux différents risques auxquels il est exposé.

« Il faut préparer des plans et des variétés qui résistent à la sécheresse. Le sorgho est l’une des cultures qui résistent au sec », a préconisé M. Pressoir. D’après lui, l’agriculture demande d’inventer des solutions pour affronter les aléas.

« Il faut des plans qui résistent à la salinité, développer des itinéraires techniques, des systèmes agroécologiques afin de conserver l’eau du sol pour servir au moment de sécheresse », a suggéré plus loin le doyen, qui aborde l’épineux sujet de la vallée de l’Artibonite. Pour ce dernier, ce n’est pas un problème de changement climatique qui se pose dans cette vallée, mais de préférence un problème de gouvernance.

« Sur la vallée de l’Artibonite, c’est un problème d’incompétence à tous les niveaux qui se pose. Prenons par exemple l’incompétence gouvernementale au niveau de la gestion de Péligre. Ce dernier était construit pour la rétention de l’eau pour la vallée de l’Artibonite afin d’alimenter en eau les producteurs de riz en période sèche. Pourtant, nos décideurs ont utilisé la turbine de Péligre pour l’énergie électrique. Du coup, la production de riz dans l’Artibonite fait place au riz importé », a déploré M. Pressoir.

Quelle politique publique a été mise en place en matière d’agriculture en Haïti?, se demande l’Ingénieur-agronome Yvon Guerrier, qui fait remarquer que chaque pays ménage ses ressources en fonction de sa capacité dans le domaine. Il croit qu’il faut définir le type d’agriculture qu’on veut faire en Haïti.

Alors que d’autres pays doublent leur productivité agricole pendant les 20 dernières années, en Haïti, Gaël Pressoir dit constater une stagnation de la productivité agricole, traduite par une régression de la part de l’agriculture dans le PIB du pays, regrettant qu’il n’y ait pas vraiment de reflexions qui ont été faites sur la relance de ce secteur.

À  cet effet, l’ingénieur-agronome Guerrier explique que la mauvaise pratique liée à la dégradation du système productif où les mornes sont exploités pour les cultures intensives réduit le PIB du pays. La production agricole à elle seule représente plus d’1 milliard de dollars américains dans l’économie haïtienne.

Les intervenants ont été unanimes à reconnaître la nécessité d’avoir plus d’ivestissements dans la recherche pour revivifier le secteur en proie aux aléas climatiques.

Michelson Césaire

Auteurhttps://lenouvelliste.com/m/public/index.php/article/202322/pour-une-politique-publique-adaptee-capable-daugmenter-notre-resilience-agricole-face-aux-aleas-climatiques